72 ans et toujours en course !
Depuis quatre ans, Daniel renouvelle chaque année sa licence en catégorie Access 4 et continue de prendre le départ des compétitions avec la même passion.
Mais qu’est-ce qui le pousse, à 72 ans, à rester fidèle à la compétition cycliste ? Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours, sa motivation et ce qui l’anime toujours au moment d’épingler un dossard.
Son parcours
A3C : Tu es licencié à l’A3C depuis quatre ans. Pour ceux qui te connaissent moins, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Daniel : Je suis originaire de Saint-Vaast-la-Hougue, où je vis depuis mon enfance. Je suis papa d’un fils de 43 ans. J’ai également été élu à la mairie de Saint-Vaast-la-Hougue, où j’ai effectué trois mandats.
A3C : Tu as d’abord pratiqué l’athlétisme et plus particulièrement les épreuves d’endurance. Tu es par ailleurs organisateur d’épreuves, telle que la course du Run, l’épreuve atypique qui se déroule chaque année à Saint-Vaast-la-Hougue. Peux-tu nous en dire plus ?
Daniel : Le sport a toujours fait partie de ma vie. J’ai commencé par le football dès l’âge de 10 ans, puis j’ai pratiqué l’athlétisme au collège, avant de découvrir le tennis. À 45 ans, je me suis mis à la course à pied, notamment sur des épreuves d’endurance, et à 58 ans, je me suis également tourné vers le vélo. Cette passion pour le sport m’a naturellement conduit vers l’organisation d’épreuves, dont la course du Run à Saint-Vaast-la-Hougue, une épreuve qui me tient particulièrement à cœur.
A3C : Qu’est-ce qui t’a conduit à t’orienter vers le vélo en compétition ?
Daniel : Au moment de ma retraite, un chirurgien a refusé de m’opérer et m’a plutôt conseillé de pratiquer le vélo. C’est ainsi qu’en 2016, avec la création du Val de Saire Cyclo, j’ai pris une licence à la FFCT au sein du VDSC. Au départ on s’amusait bien, les sorties tournaient autour de 28 km/h. Puis Antony a rejoint le club. Nous avons commencé à faire quelques sorties en dehors du groupe, ce qui nous a progressivement donné envie d’aller plus loin. Nous avons alors recherché un club qui nous permettrait de participer à des courses et de découvrir un autre aspect du cyclisme, davantage tourné vers la compétition.
La compétition
A3C : À 72 ans, tu continues à prendre le départ de courses. Qu’est-ce qui te motive encore aujourd’hui ?
Daniel : Je suis un compétiteur dans l’âme et j’aime me dépasser. Ce qui me motive, c’est de repousser mes limites, progresser et découvrir de nouveaux défis. C’est naturellement ce goût du challenge qui m’a conduit vers la compétition.
A3C : Quelle est ta plus grande satisfaction en compétition aujourd’hui ?
Daniel : Aujourd’hui, je suis dans une phase où je sens que mes performances régressent un peu et les courses deviennent de plus en plus difficiles. Mais je garde de très bons souvenirs de cette période, notamment des Championnats de France Masters, où j’ai eu l’occasion d’animer la course. Et bien sûr, toutes les courses où j’ai réussi à terminer dans le top 10 restent des moments particulièrement marquants et motivants.


A3C : As-tu un souvenir de course particulièrement marquant ? Quelle a été la course la plus difficile que tu aies disputée ?
Daniel : Montpinchon reste l’une de mes courses favorites, notamment parce que j’y ai terminé 6e. C’était la première fois que je me retrouvais dans une échappée jusqu’à la ligne d’arrivée, une expérience particulièrement marquante pour moi. Je garde également un excellent souvenir de la course de Tessy-sur-Vire, un parcours exigeant avec pas mal de dénivelé, où j’ai terminé 3e du championnat de la Manche. J’ai été battu au sprint par deux vieux briscards qui avaient bien joué le coup en me laissant rouler avant de me dépasser dans les derniers mètres !

Daniel, Martin et Jérôme, lauréats de leur catégorie au Challenge des Vallons du Val-de-Saire en 2024.
Courir avec des plus jeunes
A3C : Tu participes régulièrement aux courses cyclistes avec des coureurs beaucoup plus jeunes. Est-ce qu’ils sont surpris de te voir parmi eux ?
Daniel : Oui, ils sont souvent surpris lorsqu’ils apprennent mon âge, même si j’en parle assez peu. Sur le vélo, je préfère être considéré comme un coureur comme les autres. Et visiblement, ils ne me font pas de cadeau : quand je laisse un trou dans le peloton, je me fais vite rappeler à l’ordre !
A3C : Penses-tu que l’expérience peut parfois compenser la différence d’âge ?
Daniel : J’en suis convaincu. L’expérience permet de compenser en partie les années qui passent, notamment dans la manière de gérer une course et de faire les bons choix. Mais, de mon côté, comme je n’avais aucune expérience du cyclisme au départ, j’ai souvent galéré à mes débuts par manque de repères.
L’entraînement
A3C : Comment organises-tu tes semaines d’entraînement ? As-tu adapté ta manière de t’entraîner avec les années ?
Daniel : Je m’entraîne au moins cinq fois par semaine, souvent avec Antony. Cette année, j’ai toutefois disputé beaucoup moins de courses. J’attends désormais les beaux jours pour m’entraîner et, lorsque la météo annonce du mauvais temps, je préfère renoncer. Avec Antony, nous travaillons régulièrement différentes qualités, avec des séances de seuil, de VMA (*) et de sprint, pratiquement chaque semaine.
(*) VMA ou vitesse maximale aérobie est la vitesse de course à laquelle votre corps consomme un maximum d’oxygène.
A3C : Quelle place accordes-tu à la récupération ? Y a-t-il des règles d’hygiène de vie auxquelles tu tiens particulièrement ?
Daniel : Je fais également attention à la récupération. Après un effort important, je prévois souvent une séance de récupération à vélo, suivie d’un à deux jours sans vélo pour laisser le temps au corps de souffler. Je n’ai pas de règles particulières en matière d’hygiène de vie : je mange de tout, sans restriction particulière, et je consomme de l’alcool avec modération. Pour moi, l’essentiel est de trouver un bon équilibre entre entraînement, récupération et plaisir.
Questions plus personnelles
A3C : Qu’est-ce que le sport t’apporte aujourd’hui ? Quel est ton secret pour rester performant aussi longtemps ?
Daniel : Le sport m’apporte un véritable bien-être. J’ai besoin de me dépasser et de faire preuve de régularité. Cela me permet de rester toujours dans le coup, de conserver mon agilité et de me sentir bien.
A3C : Y a-t-il encore des objectifs ou des défis qui te font rêver ?
Daniel : Mes prochains objectifs seront de participer aux sorties des cyclos du club, en maintenant de bonnes allures et en réalisant de longues distances.
A3C : Quelle est la qualité la plus importante pour durer dans le sport ?
Daniel : Ne jamais lâcher prise, même lorsque l’on est largué, et continuer à se battre jusqu’au bout.
Quelle est ta conclusion ?
« Que tout est possible quand l’esprit de se dépasser est là. J’ai beaucoup appris un peu tard mais cela en valait le coup. »
Bravo à Daniel pour cette longévité ! Un bel exemple de résilience et de persévérance.

