Cyclosport

Rouler en groupe : le bénéfice

Le groupe offre un excellent moyen aux cyclistes pour aller plus loin tout en partageant la compagnie de ses amis. Particulièrement bénéfique sur de longues distances, il assure une rupture de la monotonie des heures de selle et permet d’atteindre des résultats allant bien au delà de ses espérances.

Rouler avec un groupe discipliné et synchronisé offre l’avantage de partager les efforts grâce à l’aspiration. Il est donc possible de rouler plus vite avec des efforts moindres.

Au sein d’un groupe on peut économiser jusqu’à 30 % d’énergie. En d’autres termes, lorsque un de vos amis, en tête du groupe dépense 250 W (nous ne sommes pas des coureurs de Ineos/ex Sky !), au milieu bien protégé, vous ne consommerez que 175 W !

Pour être significatifs les avantages apportés par le groupe imposent des comportements individuels qui doivent être impérativement respectés.

Plaisir de rouler en groupe

Rouler en groupe : les consignes à adopter

Avant de partir en sortie club :

  • s’assurer que son vélo est en bon état : efficacité des freins, état et gonflage des pneus, serrage des roues, état de la transmission, des cales, éclairage en période hivernale et porter un gilet haute visibilité par faible luminosité

  • si vous faites des interventions ou des réglages sur votre vélo, effectuer toujours un essai avant de venir au club

  • apporter le nécessaire en cas de crevaison et en cas de panne : clés Allen…

  • prévoir à manger et à boire (vous allez peut-être dépenser 700 kcal par heure, sachant qu’une pâte de fruits de 25 g ne représente que 80 kcal…)

  • porter son casque, ses gants, ses vêtements aux couleurs du club, symboles de l’unité du groupe et aussi afin de promouvoir l’activité de nos sponsors

  • ne pas trop se couvrir, avoir l’impression de fraîcheur au départ est un bon test. Penser à prendre un imperméable lorsque le ciel est menaçant. Par temps froid, privilégier le port d’un vêtement technique plutôt que de mettre plusieurs couches. Proscrire les vêtements trop amples

  • connaître le circuit emprunté : consulter le site du club, onglet Circuits et/ou voir le panneau d’affichage à la permanence. Une méconnaissance du tracé peut générer des manœuvres dangereuses

  • prévoir téléphone, carte vitale, numéro à joindre en cas de nécessité

  • veiller à ce que le groupe soit inférieur à 20 participants pour que les automobilistes puissent dépasser (et se rabattre) en sécurité

Pendant le déplacement sur la voie publique :

Les cyclistes partagent la route, le plus souvent, avec des automobilistes. Il est impératif de respecter quelques règles simples :

  • rester vigilant et concentré tout le temps de la sortie

  • éviter au maximum les arrêts de pédalage lorsque un cycliste est derrière vous

  • freiner en souplesse, proscrire les coups de freins brusques

  • anticiper, être à l’écoute de ses partenaires

  • éviter de se retourner, dans le cas contraire prendre appui sur l’épaule de votre partenaire, mais uniquement si vous êtes en première ligne

  • garder «sa ligne», rester prévisible

  • ne pas raser les portières des véhicules en stationnement

  • rester visible aux intersections, ne pas s’arrêter le long d’un bus ou d’un camion en dehors du champ de vision du chauffeur

  • faire attention aux voitures qui déboîtent d’un stationnement ou d’une file, aux piétons qui débouchent entre deux véhicules

Dans la mesure où la route est suffisamment large, selon l’article R431-7 du Code de la Route, rouler à deux de front est toléré, mais le passage en simple file s’impose impérativement :

  • à la tombée de la nuit ou par manque de visibilité
  • lorsqu’un véhicule voulant dépasser annonce son approche

Passage de la double file à une file

Les pistes cyclables doivent être empruntées dans la mesure du possible. Les parcours prévus par le club suivent celles existantes. Sur une piste cyclable, vous pouvez rouler de front sur la largeur de la piste, à condition de ne pas gêner les autres usagers.

A trois de front…uniquement sur une piste cyclable !

Respecter le Code de la Route en toutes circonstances sur la totalité du parcours et en particulier :

  • aux feux tricolores, aux panneaux de signalisation. Au feu «Orange » tous les cyclistes du groupe mettent le pied à terre
  • en présence de la signalisation urbaine «Tourner à droite» ou «Aller tout droit», les cyclistes peuvent franchir le feu rouge en respectant la priorité accordée aux autres usagers, et principalement aux piétons
  • en cas d’incident, de crevaison…, se placer sur le bas côté de la chaussée
  • en cas de chute faire placer immédiatement un signaleur de part et d’autre du groupe afin d’avertir les autres usagers

Respecter l’environnement (les déchets dans la poche…), les autres usagers (la courtoisie est évidemment de rigueur). Saluer systématiquement les autres cyclistes qu’ils soient en groupe ou en solitaire.

Communiquer au sein du groupe : appliquer le langage verbal et le gestuel pour signaler un obstacle, un défaut de la chaussée ou un véhicule, et, bien sûr pour changer de direction. Pointer du doigt l’obstacle pour avertir le cycliste qui vous suit, celui-ci devant impérativement relayer l’information. Il suffit d’un simple geste, d’un mot pour qu’une chute ou un accident soit évité.

Toujours conserver la ligne de roulement du cycliste qui vous précède.

Conserver sa ligne en toute circonstance

Si les conditions sont réunies : largeur de la chaussée suffisante, visibilité, ligne droite, les automobilistes peuvent dépasser les cyclistes en toute sécurité. Pour effectuer ce dépassement, l’automobiliste doit se déporter suffisamment pour ne pas risquer de heurter les cyclistes qu’il veut dépasser. Il ne doit en aucun cas s’en approcher latéralement à moins de 1 mètre en agglomération et moins de 1,50 mètre hors agglomération.

L’automobiliste ne doit pas s’approcher à moins de 1,50 m des cyclistes pendant la phase de dépassement

Ne pas rouler trop près de celui qui vous précède.

En cas de freinage d’urgence, et en une fraction de seconde, le cycliste devra prendre en compte l’état de la chaussée, sa vitesse et adapter son freinage en conséquence, ce qui implique une grande concentration.

Avec une vitesse initiale de 30 km/h, en situation d’urgence, il faut environ 17 m pour s’arrêter. Pas surprenant dans la mesure où il faut près d’une seconde avant d’agir.

Dans une forte descente, un coureur professionnel (ce que nous ne sommes pas) atteint aisément 90 km/h, une distance de 75 m est alors requise pour s’arrêter.

Il ne faut guère utiliser le frein arrière lors d’un freinage d’urgence.

La distance minimale d’une roue entre deux cyclistes paraît alors bien dérisoire !

Rouler en groupe : le passage du relais

Lorsque le groupe roule avec deux cyclistes de front, le passage de relais est un moment particulier. Durant cette phase il y a donc quatre cyclistes de front, c’est pourquoi celle-ci doit être organisée avec une vigilance accrue en tenant compte des consignes suivantes :

  • avant de céder leur place les deux cyclistes doivent vérifier qu’il n’y a pas d’usager de la route susceptible de dépasser
  • être dans une partie rectiligne de la chaussée
  • avertir les suivants de votre intention de laisser votre place
  • s’écarter progressivement et prudemment
  • se laisser décrocher rapidement avant de prendre sa place à l’arrière du groupe

Lorsque vous prenez le relais ce n’est pas à vous d’accélérer, mais c’est à celui qui vous précède de ralentir.

Les deux cyclistes situés à l’avant doivent rouler parfaitement de front. En aucun cas il doivent changer le rythme du groupe.

Vous vous retrouvez seul devant : il a un problème, vous n’êtes pas dans le rythme !

Ne pas confondre rythme et vitesse ! Si la route s’élève légèrement le groupe doit ralentir.

Impatient d’avoir «votre relais», il faudra attendre votre tour ! Pas question de remonter le groupe pour se placer à l’avant : cela peut créer une situation dangereuse, le groupe étant habitué à l’organisation décrite ci-dessus.

A l’opposé, si vous trouvez que le groupe roule trop vite pour vous, il est préférable de continuer à faire la rotation et de faire un relais très court plutôt que de rester en fin de groupe.

Éviter impérativement de vous rendre jusqu’en deuxième position de la file et refuser de faire le relais en obligeant celui qui vous suit de le prendre à votre place.

Cette façon de faire crée une confusion dans le groupe et brise inévitablement le rythme.

Sachez respecter vos limites, lorsque que vous vous sentez fatigué votre concentration et vos réflexes sont altérés. Il est alors préférable de ne plus participer au relais.

Au passage du relais il faut se positionner rapidement à l’arrière du groupe

Les cyclistes qui «descendent» doivent donc réduire leur vitesse et peut-être en profiter pour remettre «une dent» et ainsi récupérer en tournant les jambes, s’alimenter…

Rouler en groupe : la technique du relais en simple file

  • idéalement pratiquée par 8 ou 10 cyclistes
  • rester très concentré avec les mains posées sur les «cocottes» de frein
  • regarder au loin, éviter de se focaliser seulement sur la roue arrière du cycliste qui vous précède
  • toujours tenir compte des remarques (à bon escient comme il se doit !) des autres cyclistes
  • ce n’est en aucun cas une «relance», mais un partage de la difficulté
  • le «relais en simple file» s’applique par vent latéral venant de la gauche, de la droite, de face ou bien de l’arrière. Cette pratique offre l’avantage de n’avoir qu’un seul cycliste exposé aux autres usagers de la route

Mains sur les «cocottes» et regard vers l’horizon : deux impératifs à respecter lorsque l’on roule en groupe

Quand vient son tour, le cyclo qui se trouve devant doit maintenir le rythme sans aucune accélération.

Nota : avec le vent venant de la droite, conserver la même rotation (un seul cycliste exposé à la circulation).

Le cycliste fatigué cède son tour en se laissant «décrocher». Il doit maintenir un espace suffisant pour les cyclistes qui «tournent». Situation peu confortable qui demande une vigilance accrue. Il est préférable de continuer à participer au relais en demandant à ses amis de réduire l’allure.

Rouler en groupe : la technique du relais en double file

  • dérivée du relais en simple file ; elle expose à la circulation routière la moitié des cyclistes du groupe
  • la file au vent est décalée d’un demi-vélo vers l’avant
  • la rotation est permanente
  • méthode très efficace pourvu que tous les cyclistes roulent en parfaite harmonie

Relais en double file, vent venant de la droite

Rouler en groupe : la technique de rouler en éventail

Par vent de côté, il est tentant de former un éventail plutôt que de rouler en file indienne. Désolé, il vous faudra attendre les bordures des courses professionnelles printanières pour en voir…Même si la tentation est très forte il n’est pas question de pratiquer cet exercice lors de nos sorties. Pensez aux automobilistes et… à vous !

Rouler en groupe : la conclusion

En toute circonstance, il ne faut jamais oublier que l’on ne fait pas de la compétition, mais que l’on pratique notre discipline dans le but de rouler ensemble, de partager des moments de convivialité, ou tout simplement pour entretenir sa condition physique et au-delà son capital santé.

Alors respectez ces quelques consignes…et bonne route à tous !

Enfin, lorsque le groupe quitte le club avec 12 cyclistes, il rentre avec 12 cyclistes. En aucun cas on doit laisser un cycliste seul. Désormais il faut bannir cette phrase «…je n’avais pas vu qu’il avait «sauté»…». Il faut toujours se préoccuper du cycliste le plus à la peine.

Si toutefois certains sont très (trop ?) pressés, un sous-groupe doit se mettre en place pour attendre le cycliste fatigué, ou par défaut un de ses amis reste avec lui.

En sortie club : «…on part groupés, on roule groupés et on arrive groupés ! ».

Petite tolérance après ces lignes de recommandations…un sprint «pancarte» ou un défi dans une «bosse» ne sont pas interdits…! Cependant, immédiatement après ces escarmouches occasionnelles le groupe doit reprendre sa progression. Peut-être que certains cyclistes ne sont pas tentés par ces accélérations violentes. Pas de panique c’est le moment de rester unis, ce qui permet de revenir très rapidement sur les belliqueux…et de mesurer ainsi la force du groupe.

Retour au calme après avoir franchi son seuil d’anaérobie*

*Seuil d’anaérobie : se situe à 85-90 % de sa Fréquence Cardiaque Maximale, au-delà on dit souvent que l’on est dans «la zone rouge».

Ces quelques lignes se veulent évolutives. Vous êtes membre du club, alors n’hésitez pas à donner votre avis, à proposer des modifications ou des ajouts…